Entrepreneurs et professions libérales : pourquoi votre stress ne doit-il pas être tabou ?

une écoute attentive peut vous aider à  apaiser votre stress

26 Mai Entrepreneurs et professions libérales : pourquoi votre stress ne doit-il pas être tabou ?

Parlez-vous facilement de votre stress ?

Si le stress au travail est devenu une chose dont on parle de plus en plus, il est parfois difficile pour un entrepreneur de faire part de son stress, même à ses proches. Qu’en est-il pour vous ?

Dans une étude récente (Opinion Way / MMA),  52% des chefs d’entreprise interrogés reconnaissent un état d’anxiété, 47% souffriraient de troubles du sommeil et 29% éprouveraient un sentiment d’isolement.

Alors pourquoi est-il parfois difficile d’en parler ?

Voici quelques raisons que je peux voir au travers de ma pratique. Nombre d’entre elles sont liées à des mythes ou des fausses croyances. Peut-être vous reconnaîtrez-vous, ou bien en identifierez d’autres.

 

. « J’ignore mon stress »

Cela peut paraître incroyable, mais de nombreuses personnes ayant vécu un burn-out affirment n’avoir rien vu venir. Ce sont souvent de très bons professionnels, de « gros bosseurs », qui ne s’aperçoivent pas qu’ils s’usent. Persuadées de pouvoir aller toujours plus loin, ces personnes n’interprètent pas les signes que leur envoie leur corps (mal de dos, douleurs articulaires,  insomnies …) comme étant liés au stress qu’elles accumulent ou ne les interprètent pas comme des signaux d’épuisement. Dans d’autres cas, elles sont bien conscientes que leurs maux sont liés au stress mais préfèrent de pas y penser…

 

. « Le stress, c’est mon carburant ! »

On pense encore trop souvent que le stress est utile car  il nous pousserait à agir, à être plus performant, voire à nous dépasser.

Qu’en est-il réellement ?

Pour bien comprendre le stress, il faut se placer à l’époque de nos lointains ancêtres, quand la question de la survie était essentielle et l’exposition au danger très fréquent. Imaginez un homme préhistorique rencontrant un mammouth. L’homme est stressé, c’est une zone spécifique de son cerveau qui va prendre les rennes (on parle de gouvernance instinctive). Cette zone peut répondre seulement de trois manières : la fuite, la lutte ou l’inhibition. Premier cas de figure : l’homme est seul, non armé, pas préparé à attaquer ou à se défendre : il fuit. Deuxième cas de figure, l’homme est avec d’autres personnes, il est armé et il va donc lutter (pour se défendre ou tuer le mammouth dont il va ensuite se délecter). Troisième cas de figure : aucun moyen de lutte et aucune voie de fuite : il fait le mort, espérant que l’animal s’en désintéressera. Ainsi, cette zone du cerveau, située dans les territoires reptiliens, qui est active en cas de stress s’est développée pour faciliter la survie.

Même si dans nos civilisations modernes l’exposition au danger de mort n’est heureusement pas si fréquente, notre cerveau continue à réagir de la même manière en cas d’exposition à une situation jugée stressante.

A la question  « le stress nous pousse-t-il à agir ? » , on peut donc répondre oui et non. Quand il nous pousse à agir, c’est en nous mettant en fuite (on n’a pas envie, on fait autre chose) ou en lutte (la colère par exemple) et ce ne sont pas toujours les voies les plus appropriées pour faire face à la situation. On peut aussi réagir en inhibition, ce qui s’apparente fort à de l’inaction ! Dans les trois cas, ces réactions sont instinctives et non réfléchies. Il est toutefois possible d’apprendre à activer d’autres territoires de notre cerveau (le territoire préfrontal).

Quant au lien entre stress et performance, le professeur Eric Gosselin  a publié en 2006 une analyse de 52 études portant sur le stress et la performance s’étalant de 1980 à 2006. Ces études prouvent que, dans 75% des cas, le stress est nuisible à la performance. Dans 15% des cas, il n’y aurait aucune relation entre stress et performance et dans 10% des cas, les études montrent que la performance augmente avec un peu de stress et diminue s’il n’y en n’a pas ou trop.  10 ans après cette analyse, le mythe du bon stress a pourtant encore la vie dure !

 

. « J’ai choisi cette vie, je n’ai pas le droit de me plaindre »

Pour le dire autrement, le stress serait le prix à payer pour faire un métier qui vous plaît, qui donne du sens à votre vie et le prix de votre liberté. Car oui, quelle chance vous avez alors que d’autres n’ont pas la même vie que vous et ne font pas un travail qui les passionne ? Que penseraient les autres si vous vous mettiez à leur parler de votre stress ?

Et si l’on mettait un peu de nuances ? Certes, il y a peut-être des personnes qui n’ont pas envie de vous entendre en parler, mais il y en a aussi probablement qui sont prêtes à vous écouter.

Et vous-même, pensez-vous réellement que le stress est le prix à payer pour la vie que vous avez choisie ?

Parler de votre stress, c’est déjà faire un premier pas pour le gérer. Vous y mettrez des mots, vous sentirez moins seul(e), pourrez commencer à entrevoir les choses autrement et la personne qui vous écoute peut aussi apporter un point de vue différent du votre qui contribuera à vous apaiser.

 

. « Je dois être fort(e). »

En tant qu’entrepreneur(e), on a souvent la sensation que tout repose sur nous et qu’on ne peut pas flancher. Que deviendrait notre entreprise, nos salariés, notre famille, nous-même, si nous tombions malade ? La question de la survie devient monopolisante. Alors on résiste. Et si on est endurant(e), on résiste longtemps et beaucoup. Pas question de s’attendrir sur nous-même. Est-ce le bon choix ?

Reconnaître et parler de son stress, est-ce vraiment un aveu de faiblesse ?  Et si c’était le cas, pourquoi ne parlerait-on pas de nos faiblesses ?

Car apprendre à reconnaître et à gérer le stress nous donne une vraie force. Pas la force qui est dans la résistance, mais la force qui réside dans le calme, qui nous donne la capacité à agir et décider en toute sérénité.

 

. Enfin, pour nous les femmes : « je dois être une superwoman ! »

En tant que femme, la pression est souvent plus forte car nous devons (enfin on croit devoir !) assurer sur tous les fronts : mère, femme, entrepreneure…

Notre idéal, c’est la superwoman et dans cette vie de superwoman, tout est archi bien rôdé, n’est-ce pas, et on n’est pas stressée. Enfin si, on l’est énormément, mais on ne le dit pas !

Bien sûr, la superwoman est un mythe et même chez les femmes entrepreneures qui clament haut et fort que tout va bien pour elles, il y a toujours une faille quand on gratte un peu… Déculpabilisez !

 

En conclusion, pour que le stress ne soit pas un tabou, n’est-il pas temps de changer de regard ? Changer de regard sur le stress et aussi sur nous-même.

Et si au lieu de vouloir toujours être plus fort, plus parfait, encore plus superwoman, nous étions simplement plus humain ? Si nous brisions notre armure ? Si nous nous permettions de parler de ce qui nous fait peur, de ce qui nous agace, de ce qui envahit nos pensées ? Si nous permettions plus de sérénité dans nos vies ?

 

 

Restons en contact ! Inscrivez-vous à la newsletter !

Vous avez aimé cet article, partagez-le !
Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someone
Aucun commentaire

Publier un commentaire